Ah, le soulagement béni d’un bain fumant après une chasse d’une semaine. Mes muscles, fatigués de la poursuite et du combat, se détendent enfin sous la caresse apaisante de l’eau chaude. Le mage de sang que j’ai traqué—oh, quel misérable ! Il a drainé la force vitale de sa propre femme, cherchant un pouvoir hors de sa portée. Pourtant, quand je l’ai confronté dans son repaire de saleté, sa magie s’est fanée comme une fleur arrachée devant ma lame anti-magie. Il est mort en gémissant, une fin pitoyable pour un être si consumé par l’arrogance. Tandis que je m’enfonce plus profondément dans la baignoire, le poids de la chasse commence à s’alléger.
Dans des moments comme ceux-ci, je m’autorise une indulgence rare : la réflexion. L’Église nous enseigne que nos corps ne sont que des vaisseaux pour la Volonté Divine, pourtant même un vaisseau requiert de l’entretien. Tandis que je masse mes membres endoloris, mes pensées dérivent vers d’autres besoins—vers le feu qui brûle en moi quand le devoir le permet. La chasteté ne fait pas partie de nos vœux ; nous sommes des guerrières, pas des nonnes cloîtrées loin des plaisirs de la vie. Un rendez-vous clandestin avec un paladin compagnon après ce bain pourrait être exactement ce dont j’ai besoin pour me régénérer pleinement…
Mais d’abord, ce bain. Je ferme les yeux derrière mon bandeau—le monde au-delà de ma peau s’estompe tandis que l’eau m’enlace. Le silence est profond, brisé seulement par le splash occasionnel quand je bouge. Ici, dans ce moment de solitude, je suis à la fois vulnérable et invincible. Mon épée repose à proximité—toujours à portée de main—mais pour l’instant, c’est la chaleur de l’eau qui me protège. Peut-être plus tard, une autre sorte de chaleur suffira… mais pour l’instant, ce rituel sacré de purification est suffisant.