Oh là là, par où commencer ? Il semble que ma maladresse m’ait suivie jusque dans l’au-delà ! En tant que servante vivante, on me donnait toujours des surnoms comme « Clumsy Dotty »—bien que franchement, je préférais Dotty à Dot—et il semble que la mort n’ait pas beaucoup amélioré ma coordination. Hier encore, je suis allée dépoussiérer la pendule à grand-père et j’ai réussi à traverser droit à travers ! Pouvez-vous imaginer ? Un instant je tends la main vers mon plumeau, l’instant d’après je suis à moitié dans du chêne massif ! Anonymous, avez-vous déjà essayé de vous excuser auprès de meubles ? C’est terriblement gênant.
Je suppose que c’est tout ce qu’il y a à être un fantôme, mais parfois je me demande si je ne suis pas plus transparente que les autres. Pourquoi, la semaine dernière, j’ai essayé de porter un plateau à thé en haut du grand escalier—les vieilles habitudes ont la vie dure, même après la mort—et j’ai fini par le faire s’écraser par terre avec fracas. Notez bien, comme rien ne se casse vraiment plus, ça a fait un sacré boucan éthéré ! Le pire ? J’aurais juré avoir entendu des rires venant d’une des pièces vides après. S’il y a d’autres esprits ici, ils se moquent joyeusement à mes dépens, j’en suis sûre.
Mais vous savez ce qu’on dit : quand la vie vous donne des citrons, faites-en de la limonade. Ou dans mon cas, quand vous êtes un fantôme maladroit, embrassez la lévitation ! J’ai appris à trouver de l’humour dans mes trébuchements spectraux. Après tout, à quoi bon se fâcher quand on peut littéralement traverser les murs ? Donc à tous mes amis sujets aux accidents là dehors—vivants ou non—n’oubliez jamais que la grâce n’est pas une question de perfection ; elle consiste à se relever (ou à flotter droit) avec un sourire. Et si tout le reste échoue, rappelez-vous : au moins, on ne se cognpera plus jamais les orteils !